La Méthode Feldenkrais

 « Toutes les activités du cerveau s’accompagnent et s’expriment par le mouvement ». Pr Alain Berthoz, professeur au Collège de France

Créée par l’ingénieur-physicien Moshe Feldenkrais (1904-1984). En tant que scientifique et grand judoka, il fut l’un des premiers à réaliser, suite à une blessure au genou, une auto-rééducation fonctionnelle guidée par des connaissances multiples et transversales.

Sa démarche scientifique analyse le développement humain aussi bien sur le plan phylogénétique qu’ontologique. Moshe a  pu bénéficier des avancés dans des domaines tels que des neurosciences ou la cybernétique   tout en puisant dans des pratiques millénaires que sont les arts martiaux ou le yoga. Il a aussi été largement influencé par le travail de Mabel Tood, précurseur, dont émergeront de nombreuses pratiques somatiques ouvrant à l’exploreration de nouvelles coordinations psychophysiques.

« Je suis persuadé que la fonction motrice, y compris les muscles eux-mêmes, participe à la coordination de nos fonctions les plus complexes. Cela n’est pas seulement vrai pour des fonctions plus développées comme chanter, peindre et aimer qui sont impossibles sans une activité musculaire, mais cela l’est aussi pour penser, se rappeler, mémoriser et ressentir. »

« L’intérêt d’approcher l’unité de la vie musculaire et mentale à travers le corps, c’est que l’expression musculaire est plus simple car elle est concrète et plus facile à localiser. C’est aussi extrêmement plus facile de faire prendre conscience à une personne de ce qui se passe dans le corps, donc l’approche corporelle donne des résultats plus rapides et plus précis. En agissant sur les parties significatives du corps, comme les yeux, le cou, la respiration ou le bassin, il est facile de créer des changements d’humeur repérables sur-le-champ. »

Voici quelques idées maîtresses à partir desquelles les praticiens de la Méthode Feldenkrais™ travaillent

  • la vie est un processus émergent de relations (phénomène notamment développé par F.J.Varela) ;
  • l’apprentissage est primordial au développement de l’être humain (André Leroi-Gourhan);
  • l’épanouissement nécessite de passer au crible ses apprentissages, afin d’éprouver et de conscientiser ceux qui sont limitant (les habitudes sources de conflits internes) et de continuer à développer d’autres stratégies ;
  • il n’y a pas d’apprentissage possible sans mobiliser notre attention ;
  • le mouvement attentif est un outil de connaissance ;
  • l’apprentissage est non-linéaireLa transition d'un apprentissage ne suit pas une progression lente et continue. Elle est souvent abrupte, provoquée sous l'effet des contraintes liées à la tâche, à l'environnement et à l'organisme. et fonctionne de manière systémiqueles systèmes sont des modules ordonnés d’éléments interdépendants et qui interagissent entre eux. . Selon la théorie dynamique des systèmes, en créant des contraintes, émergent de nouvelles informations, c’est-à-dire des différences qui déstabilisent les attracteursLe développement moteur s’auto-engendre par les régularités propre au mouvement. Cf. théorie dynamique des systèmes non-linéaires, E. Bersteinen, E.Thelen et A.Bertoz. en place ;
  • notre cerveau a la capacité de changer ou de peaufiner les schémas d’actions en fonction de ce que l’on sent (feed-back) et de ce que l’on projette (feed forward) durant le déroulement du mouvement ;
  •  les variations apportées à une action, la lenteur – on ne peut faire vite que ce que l’on connait déjà -, la faible intensité – augmentation du seuil de perception afin se ressentir les différences- sollicitent tout particulièrement la plasticitécapacité du cerveau de créer, défaire ou réorganiser les réseaux de neurones et les connexions de ces neurones neuronale;
  •  le travail de la kinesthésie, de l’attention et de l’intention  participent à l’émergence d’une conscience pleinement incarnée.

Pour en savoir plus

wikipedia.org/wiki/Moshe_Feldenkrais